Lacroix vétéran

a-french-guardsman:

Le feu de Waterloo n’avait pas suffi.

Austerlitz, la Moskova, Wagram étaient autant de noms qui avaient baigné un si jeune homme dans la gloire ; l’idée même de la Patrie le faisait tenir debout lors des longues veilles de nuit. On ne voyait nulle part ailleurs tant d’engouement à défendre son Empereur. Si on se sentait d’humeur à l’humour, on aurait pu dire que Lacroix était plus royaliste que le Roi – en l’occurrence, il s’agissait de Napoléon.

C’est pour la Patrie qu’il s’était battu à Waterloo, surmontant les vagues de chouans et de gardes royaux avec le sabre levé, persuadé de sa future victoire. C’est à vingt-six ans qu’il perdit sa jambe, et son honneur, et son Empereur, et son domicile à Paris, saccagé par la Terreur blanche.

Il persista.

En 1830, prêter allégeance au Roi avait déchiré les plus profondes fibres de son cœur de bonapartiste ; mais il savait que rien ne pourrait ramener sa jeunesse, sinon seulement un peu l’ivresse des combats. Devenu capitaine, il espérait de grandes charges et des montées d’adrénaline ; il dut se battre contre des jeunes garçons, des Français comme lui, tirer des boulets sur des yeux bleus tout aussi remplis d’ardeur que les siens, quand il avait leur âge.

Et ce jeune homme devenu un vétéran avait vu sa vie entière s’effondrer devant ses yeux. Lui qui était né pour être un guerrier, qui avait toujours su mener ses hommes et trouver une raison au bien-fondé de ses combats, était perdu. De l’ivresse, il n’avait eu que la gueule de bois. La gloire, elle, coulait en minces filets de sang entre les pavés sous ses bottes, se diluant dans une eau amère déversée à la fois par le ciel et par l’homme.

Lacroix réalisa que de toute évidence, le Seigneur ne l’avait plus destiné à aucune tâche ; que s’il avait gagné tant de combats, c’était pour finalement perdre la guerre. Comme il était bon officier, il voulut bien admettre sa défaite, mais non pas se rendre à l’ennemi qu’était la vieillesse, c’est-à-dire la ruine de l’âme qui le rongeait déjà depuis Waterloo, morne plaine…

Ce brave artilleur se décida enfin lorsqu’il aperçut, allongés sur les pavés, des yeux éteints et des bustes inertes dans leurs écrins de laine bleue et rouge. Ils regardaient vers les cieux, sans les voir ; et le vétéran se dit “Tiens ! j’ai tant voyagé à travers toute l’Europe, et j’ai pourtant raté là où Dieu voulait que je me rende.”

Lacroix tira son pistolet, et lui qui avait été d’une telle rapidité juvénile toute sa vie, remplit le bassinet consciencieusement de poudre noire. Demain, on graverait son nom dans le marbre d’un monument quelconque ; et bien qu’il sache qu’aucun passant ne le lirait, il avait un sens aigu du devoir accompli.

Un officier n’abandonnait jamais ses hommes.

Lacroix vétéran

a-french-guardsman:

Le feu de Waterloo n’avait pas suffi.

Austerlitz, la Moskova, Wagram étaient autant de noms qui avaient baigné un si jeune homme dans la gloire ; l’idée même de la Patrie le faisait tenir debout lors des longues veilles de nuit. On ne voyait nulle part ailleurs tant d’engouement à défendre son Empereur. Si on se sentait d’humeur à l’humour, on aurait pu dire que Lacroix était plus royaliste que le Roi – en l’occurrence, il s’agissait de Napoléon.

C’est pour la Patrie qu’il s’était battu à Waterloo, surmontant les vagues de chouans et de gardes royaux avec le sabre levé, persuadé de sa future victoire. C’est à vingt-six ans qu’il perdit sa jambe, et son honneur, et son Empereur, et son domicile à Paris, saccagé par la Terreur blanche.

Il persista.

En 1830, prêter allégeance au Roi avait déchiré les plus profondes fibres de son cœur de bonapartiste ; mais il savait que rien ne pourrait ramener sa jeunesse, sinon seulement un peu l’ivresse des combats. Devenu capitaine, il espérait de grandes charges et des montées d’adrénaline ; il dut se battre contre des jeunes garçons, des Français comme lui, tirer des boulets sur des yeux bleus tout aussi remplis d’ardeur que les siens, quand il avait leur âge.

Et ce jeune homme devenu un vétéran avait vu sa vie entière s’effondrer devant ses yeux. Lui qui était né pour être un guerrier, qui avait toujours su mener ses hommes et trouver une raison au bien-fondé de ses combats, était perdu. De l’ivresse, il n’avait eu que la gueule de bois. La gloire, elle, coulait en minces filets de sang entre les pavés sous ses bottes, se diluant dans une eau amère déversée à la fois par le ciel et par l’homme.

Lacroix réalisa que de toute évidence, le Seigneur ne l’avait plus destiné à aucune tâche ; que s’il avait gagné tant de combats, c’était pour finalement perdre la guerre. Comme il était bon officier, il voulut bien admettre sa défaite, mais non pas se rendre à l’ennemi qu’était la vieillesse, c’est-à-dire la ruine de l’âme qui le rongeait déjà depuis Waterloo, morne plaine…

Ce brave artilleur se décida enfin lorsqu’il aperçut, allongés sur les pavés, des yeux éteints et des bustes inertes dans leurs écrins de laine bleue et rouge. Ils regardaient vers les cieux, sans les voir ; et le vétéran se dit “Tiens ! j’ai tant voyagé à travers toute l’Europe, et j’ai pourtant raté là où Dieu voulait que je me rende.”

Lacroix tira son pistolet, et lui qui avait été d’une telle rapidité juvénile toute sa vie, remplit le bassinet consciencieusement de poudre noire. Demain, on graverait son nom dans le marbre d’un monument quelconque ; et bien qu’il sache qu’aucun passant ne le lirait, il avait un sens aigu du devoir accompli.

Un officier n’abandonnait jamais ses hommes.

elesh-norn-grand-cenobite:

jolly-ob-saint-nixilis:

elesh-norn-grand-cenobite:

glissa-the-traitor:

elesh-norn-grand-cenobite:

the best part about phyrexian discourse is that everyone is in agreement, phyrexians are bad. there’s no arguing that they are good. so it ends up being arguments over which is worse, and i think that’s beautiful. or it ends up being phyrexian solidarity where we all agree that we’re terrible and then we try to take over the multiverse

I mean, it’s what we gotta do.

every phyrexian is in complete agreement that we deserve to invade the multiverse together and destroy all organic life and convert it into inorganic life. i’m so proud of all my phyrexians

Now if only your completions were any good. Then maybe it would be interesting.

now now! don’t be a party pooper! we just want what’s best for the multiverse. organics can’t be trusted to know what’s good for them. interesting means variance, and variance is bad! we must all be the same to be truly perfect 🙂

I draw aside the curtain. You mock us with the beauty of your world. My heart hates the trees, the wind moving the branches, the dead diamond machinery of the sky. I pace the corridor between my teeth and my bladder, angry, murderous, comforted by the smell of my sweat. I weakened myself in your name. In my own eyes I disgraced myself for trusting you, against all evidence, against the prevailing winds of horror, over the bully’s laughter, the torturer’s loyalty, the sweet questions of the sly. Find me here, you whom David found in hell. The skeletons are waiting for your famous mechanical salvation. Swim through the blood, father of mercy.

from Book of Mercy, Leonard Cohen (via congruentepitheton)

probablybadrpgideas:

tharook:

thefingerfuckingfemalefury:

themetaisawesome:

thefingerfuckingfemalefury:

hashememe:

littlecluus:

What do we think about watermelon sets!? I like the way them turned out…little chunks of watermelon lol. And the red has little black glitter inside for the seeds 😉

I’m sorry but I’m eating these

DM: pls do not eat the dice

Player: someone ate all your dice

“Roll to eat.”

“Natural 20.”

“YEEESSSSSSSS”

“I regret letting you do this”

“d8? More like d-ate, am I right?”

I feel every step of this after “watermelon dice” is a bad rpg idea. Congratulations!

(informed of by @johnnyrico

@another-normal-anomaly

just a lurker please ignore